Sécheresse dans les Caraïbes : il ne suffit pas d’accuser El Niño

6 août 2026

Amira Odeh Quiñones est hydrologiste et organisatrice caribéenne pour le groupe de campagne climatique 350.org

El Niño, susceptible d’être l’un des plus forts de l’histoire moderne, est arrivé sur les rivages caribéens.

La sécheresse s’insinue lentement sur nos îles. Mais contrairement aux incendies de forêt dévastateurs qui ravagent certaines parties de l’Europe, il n’y a ni fumée signalant les dégâts, ni sirènes pour avertir du danger. Seuls des avis des autorités sanitaires invitent à rester à l’intérieur et à s’hydrater — comme si les travailleurs extérieurs et les communautés agricoles avaient le luxe de suivre ce conseil.

Pendant El Niño, de forts vents atmosphériques modifient les schémas de précipitations et retiennent la chaleur dans les Caraïbes. Bien que nous ayons connu El Niño à de nombreuses reprises, il est devenu très évident ces dernières années à quel point le changement climatique aggrave ce phénomène naturel.

À travers les Grandes Antilles, les températures dépassent les 38°C (100°F), avec des indices de chaleur ressentie atteignant un ingérable 43°C dans certaines parties de Porto Rico où je vis. Cuba est pire. Des pannes d’électricité généralisées signifient que les moyens de se rafraîchir ne sont pas disponibles pendant la majeure partie de la journée, laissant des millions de personnes vulnérables exposées au risque de coup de chaleur lorsque les températures atteignent 38°C.

Françoise Perrin

Rédactrice française engagée dans l’information citoyenne, je m’intéresse aux liens entre écologie, démocratie et solidarité. À travers mes articles, je cherche à rendre les grands enjeux de société plus clairs, plus accessibles et plus proches du terrain, en donnant une place aux initiatives, aux débats et aux voix qui participent à transformer notre époque.