Comment la protection des terres protège notre avenir

21 août 2026

Inger Andersen est Directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l’Environnement

Quand on vit dans l’extrême, on prend pleinement conscience de l’équilibre.

Jeune femme qui venait tout juste de sortir de l’université en 1982, j’ai eu le privilège d’enseigner l’anglais dans un lycée pour filles au Soudan. Après quelques années, j’ai obtenu un poste qui consistait à soutenir les activités d’urgence et les opérations humanitaires lors de la sécheresse soudanaise et de la famine qui l’accompagnait.

Les communautés du Soudan savaient très bien que leurs deux ressources les plus précieuses étaient les arbres d’acacia présents sur leurs terres et les graines qu’ils mettaient de côté pour la prochaine saison de semences.

L’acacia fixe l’azote dans le sol — un engrais naturel — tandis que la gomme arabique provenant de ces arbres constitue une source de revenus. Mais lorsque la sécheresse frappe et que tous les animaux sont vendus, et que le dernier des aliments est consommé, la seule chose qui reste est d’abattre et de vendre les arbres pour le bois de chauffe et le charbon. Une fois les arbres disparus, il ne reste plus que les graines. Et lorsque les graines sont sacrifiées pour nourrir les familles, il ne reste plus rien.

Françoise Perrin

Rédactrice française engagée dans l’information citoyenne, je m’intéresse aux liens entre écologie, démocratie et solidarité. À travers mes articles, je cherche à rendre les grands enjeux de société plus clairs, plus accessibles et plus proches du terrain, en donnant une place aux initiatives, aux débats et aux voix qui participent à transformer notre époque.