Le Kenya appelle à une coordination régionale pour développer les chaînes de valeur minières africaines

28 mai 2026

Les dirigeants africains ont intensifié leurs appels afin que les gouvernements cessent d’exporter des minéraux bruts et intensifient leurs efforts pour harmoniser leurs politiques, partager les infrastructures et coordonner les investissements afin d’ajouter de la valeur à leurs ressources et d’apporter la prospérité économique au continent.

Dans un discours prononcé à l’occasion de la conférence et exposition inaugurales sur l’investissement minier au Kenya, à Nairobi, cette semaine, le président kenyan William Ruto est devenu le dernier dirigeant africain à confirmer que le pays mettrait fin à l’exportation du minerai brut. Cette nation d’Afrique de l’Est détient des gisements d’or, de minerai de fer et de cuivre et a récemment lancé un appel d’offres destiné à des investisseurs mondiaux pour développer un gisement de terres rares, utilisées dans les moteurs de véhicules électriques et les éoliennes, évalué à 62 milliards de dollars.

Le Kenya figure parmi plus d’une douzaine de pays africains qui ont interdit ou imposé des restrictions à l’exportation de leurs ressources minérales alors qu’ils cherchent à traiter les minéraux localement pour augmenter les recettes, créer des emplois et capter une part des industries qui produisent des technologies propres à forte valeur ajoutée pour la transition énergétique.

« Pendant trop longtemps, nous avons extrait et exporté des matières premières à l’étage le plus bas de la chaîne de valeur, tandis que d’autres ont traité, affiné, fabriqué et capturé la plus grande part de la valeur économique », a déclaré Ruto devant les ministres et parties prenantes africains réunis lors de la conférence sur l’investissement minier à Nairobi.

En conséquence, l’Afrique capte actuellement moins de 1 % de la valeur générée par les technologies d’énergie propre à l’échelle mondiale, a-t-il ajouté. Pour y remédier, le Kenya, en collaboration avec d’autres nations africaines, « traitera nos minéraux ici même sur le continent, les affinera ici et les fabriquera ici », a-t-il ajouté.

Françoise Perrin

Rédactrice française engagée dans l’information citoyenne, je m’intéresse aux liens entre écologie, démocratie et solidarité. À travers mes articles, je cherche à rendre les grands enjeux de société plus clairs, plus accessibles et plus proches du terrain, en donnant une place aux initiatives, aux débats et aux voix qui participent à transformer notre époque.