Marché du carbone: les partisans risquent de tromper la nature qu’ils protègent

31 mai 2026

Isa Mulder est une experte en politiques sur les marchés du carbone mondiaux chez Carbon Market Watch.

Dans les mois qui viennent, des acteurs de l’industrie ainsi que certaines organisations de conservation ont fait pression pour réduire de façon effective l’intégrité et l’ambition des marchés du carbone dans le cadre de l’Article 6 de l’Accord de Paris.

Cependant, la nécessité de financer la nature ne saurait justifier la création d’un mécanisme de crédits carbone dépourvu d’intégrité environnementale, simplement pour maintenir la viabilité commerciale des projets de carbone. Le niveau d’exigence fixé par le mécanisme de crédits de l’Article 6 doit être élevé, car le prix que la nature devra payer si nous optons pour compenser les émissions actuelles avec des crédits “vent de sable” est bien plus élevé.

Les marchés de crédits carbone ont été une question controversée de la politique climatique internationale depuis la création du Mécanisme de Développement Propre dans le cadre du Protocole de Kyoto, et son adoption ultérieure dans l’article 6 de l’Accord de Paris.

Bien que le règlement-cadre de l’Article 6 ait été finalisé lors de la COP de l’année dernière à Bakou — malgré de nombreuses lacunes préoccupantes — les détails pratiques de son mécanisme de crédits carbone restent en cours d’élaboration. Cette tâche relève du Supervisory Body (SBM), un régulateur de facto responsable devant les pays signataires de l’Accord de Paris.

Françoise Perrin

Rédactrice française engagée dans l’information citoyenne, je m’intéresse aux liens entre écologie, démocratie et solidarité. À travers mes articles, je cherche à rendre les grands enjeux de société plus clairs, plus accessibles et plus proches du terrain, en donnant une place aux initiatives, aux débats et aux voix qui participent à transformer notre époque.