Le nouvel objectif climatique de l’UE prévoit un coup de pouce de plusieurs milliards de dollars pour les marchés du carbone

31 mai 2026

Après de longues discussions nocturnes mercredi, les pays de l’Union européenne ont finalement accepté un objectif pour 2040 visant à réduire les émissions du bloc de 90 % par rapport aux niveaux de 1990, y compris une concession controversée qui les autoriserait à acheter des crédits carbone étrangers pour en couvrir 5 %.

Selon l’accord, qui doit être approuvé par le Parlement européen, l’UE devrait acheter 710 millions de tonnes métriques d’équivalents CO2 (CO2e) de crédits de compensation pour une valeur d’environ 50 milliards d’euros (57 milliards de dollars) au cours des années 2030, selon une estimation du groupe de campagne Carbon Market Watch.

Cela pourrait donner un coup de pouce considérable aux crédits carbone issus de projets de réduction des émissions, qui peinent à trouver une demande croissante alors que le secteur fait l’objet d’un renforcement des contrôles.

Trishant Dev, responsable des marchés du carbone au Centre for Science and Environment (CSE), un think-tank basé à Delhi, a déclaré à Climate Home News que 5 % « peut sembler faible par rapport aux réductions globales des émissions de l’UE, mais, en chiffres absolus, il représente un volume important de compensations et, par conséquent, des investissements massifs dans les projets de compensation ».

En plus des 5 % des émissions nettes de l’UE au niveau de 1990, les pays de l’UE pourraient être en mesure d’utiliser des compensations pour annuler encore 5 % de leurs émissions nationales, augmentant l’espace de manœuvre du bloc pour atteindre ses objectifs climatiques annoncés et suscitant des critiques de la part de certains activistes climatiques.

Pays divisés sur le comptage des crédits carbone

La possibilité d’utiliser des crédits carbone a été soutenue par la Commission européenne et de nombreux États membres, dont la Suède, l’Irlande, la Pologne et l’Autriche.

Françoise Perrin

Rédactrice française engagée dans l’information citoyenne, je m’intéresse aux liens entre écologie, démocratie et solidarité. À travers mes articles, je cherche à rendre les grands enjeux de société plus clairs, plus accessibles et plus proches du terrain, en donnant une place aux initiatives, aux débats et aux voix qui participent à transformer notre époque.