Orhan Solak is deputy director of Türkiye’s Directorate of Climate Change.
Dans le contexte économique actuel, marqué par l’instabilité et la pression, chacun cherche à faire davantage avec moins, et le financement de l’action climatique n’échappe pas à cette logique. Pourtant, des opportunités claires existent pour mieux utiliser les fonds existants afin d’atteindre les objectifs climatiques, notamment le réaffectation de plus de 700 milliards de dollars de subventions agricoles au service d’une transition rurale équitable.
Alors que le soutien public à l’agriculture et à la sécurité alimentaire est de plus en plus pris en compte dans les discussions climatiques mondiales, notamment dans le cadre de l’Objectif mondial d’adaptation (GGA) de l’Accord de Paris, l’ampleur et l’urgence des défis actuels exigent un consensus renforcé et une mise en œuvre rapide de solutions pratiques et adaptées au contexte.
La nécessité d’autonomiser les agriculteurs pour adopter des pratiques durables, telles que la réduction des pertes alimentaires, la diminution du gaspillage, le renforcement de la résilience et une gestion avisée des ressources hydriques, n’est pas une idéologie moderne. Elle fait écho au modèle de Göbeklitepe, le plus ancien site habité connu par l’humanité, construit sur les principes de solidarité, d’équilibre et d’harmonie avec la nature.
Cette perspective historique rappelle que la gestion durable des ressources est profondément enracinée dans le développement humain et renforce l’importance d’aligner la transformation agricole actuelle avec l’intégrité environnementale et l’équité sociale.
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Orhan Solak is deputy director of Türkiye’s Directorate of Climate Change.
Dans le contexte économique actuel, marqué par l’incertitude et la pression, chacun cherche à faire davantage avec moins, et le financement de l’action climatique n’y échappe pas. Néanmoins, il existe des opportunités claires pour mieux exploiter les fonds existants afin d’atteindre les objectifs climatiques, notamment le réaffectation de plus de 700 milliards de dollars de subventions agricoles pour soutenir une transition rurale juste.
Alors que le soutien public à l’agriculture et à la sécurité alimentaire est de plus en plus reflété dans les discussions climatiques mondiales, en particulier dans le cadre de l’Objectif mondial d’adaptation (GGA) de l’Accord de Paris, l’ampleur et l’urgence des défis actuels exigent un consensus plus fort et une mise en œuvre rapide de solutions pratiques et contextuelles.
La nécessité d’aider les agriculteurs à adopter des pratiques durables, telles que la réduction des pertes alimentaires, la diminution des déchets, le renforcement de la résilience et la gestion avisée des ressources en eau, n’est pas un esprit moderne. Elle résonne avec le modèle de Göbeklitepe, l’un des premiers établissements connus de l’humanité, fondé sur des principes de solidarité, d’équilibre et d’harmonie avec la nature.
Cette perspective historique souligne que la gestion durable des ressources est profondément ancrée dans le développement humain et renforce l’importance d’aligner la transformation agricole actuelle avec l’intégrité environnementale et l’équité sociale.
Cependant, à ce jour, le soutien public à l’agriculture dans le monde a majoritairement privilégié les engrais synthétiques et les modèles de production intensifs en intrants, négligeant souvent des pratiques agricoles plus durables, plus économes en ressources et axées sur la résilience.
La bonne nouvelle est que les pays reconnaissent de plus en plus que l’action climatique ne peut pas se faire au détriment de la sécurité alimentaire, de moyens de subsistance dignes et d’une plus grande égalité. Toute transition vers des systèmes alimentaires plus durables doit être « juste » pour les agriculteurs et les communautés rurales qui les soutiennent.
Renforcement de la sécurité alimentaire à long terme
En tant que président de la COP31, la Turquie s’appuiera sur sa position historique et géographique unique, en tant que pont entre les régions et les civilisations, pour favoriser le dialogue, renforcer la coopération et mobiliser des efforts collectifs en vue d’augmenter le financement en direction des objectifs net zéro, pilier essentiel des discussions climatiques de cette COP31 à Antalya.
À l’avenir, il convient de mettre davantage l’accent sur le soutien à des systèmes agricoles durables et résilients au climat, via des investissements ciblés, le renforcement des capacités, l’innovation et des pratiques respectueuses de la nature.
Le renforcement du soutien à une utilisation efficace de l’eau, à la santé des sols, aux approches agroécologiques et aux modèles de production circulaires peut accroître la sécurité alimentaire à long terme tout en améliorant la résilience face aux chocs climatiques.
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Dans ce contexte, l’alignement des politiques agricoles et des mécanismes de financement avec des objectifs de durabilité sera essentiel non seulement pour protéger les ressources naturelles, mais aussi pour assurer un développement rural inclusif et une équité intergénérationnelle.
Une transition rurale juste qui atteint les objectifs climatiques et zéro déchet sans affaiblir les communautés et les économies agricoles n’est pas possible sans que les pays apportent le soutien financier nécessaire. Réorienter les subventions agricoles offre une voie prometteuse vers ces deux objectifs, mais uniquement si la réforme est conçue avec soin et en tenant compte du contexte. Bien faite, elle peut aider à alléger la pression sur les gouvernements pour trouver de nouveaux financements.
Nouveau panel de haut niveau pour proposer des alternatives
Tel est l’objectif d’un nouveau Panel de Haut Niveau pour une Transition Rurale Juste, récemment lancé à Ankara. Aux côtés de ses membres comprenant d’anciens chefs d’État, des hauts fonctionnaires d’organisations internationales et des représentants gouvernementaux de divers pays d’Afrique, des Amériques et d’Europe, je pense que nous pouvons fournir aux gouvernements du monde des alternatives viables et durables.
Dans un contexte de contrôle accru des aides et du financement internationaux, rediriger les fonds existants a du sens à la fois sur le plan économique et environnemental.
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En Turquie, les subventions agricoles soutiennent depuis plusieurs années l’agriculture biologique via un système de certification établi et aligné sur les standards internationaux. Le Plan d’action de l’Union européenne axé sur le Green Deal, publié en 2021, fixe des objectifs visant à réduire l’utilisation des pesticides et des engrais chimiques, à promouvoir la production biologique, à augmenter l’utilisation des énergies renouvelables et à améliorer la gestion des déchets et des résidus.
En outre, la Stratégie d’adaptation au changement climatique et le Plan d’action (2024–2030) de la Turquie renforcent davantage cette orientation en intégrant les considérations de résilience climatique dans les pratiques agricoles et en soutenant des approches de gestion durable des terres et des ressources.
D’autres pays adoptent également des approches innovantes. Le Malawi, par exemple, teste un système dans lequel les subventions aux engrais synthétiques dépendent d’autres pratiques plus climato-positives, telles que la diversification des cultures plantées pour améliorer la santé des sols ou l’application de mesures de conservation des sols et la gestion de la matière organique du sol. Par ailleurs, le Royaume-Uni migre aussi vers un modèle qui récompense la gestion environnementale via son Sustainable Farming Incentive (SFI).
Les façons exactes dont les subventions agricoles seront redirigées dépendront des circonstances et des besoins propres à chaque pays, mais l’approche générale est un modèle qui peut bénéficier à toutes les nations.
Diriger le soutien public loin des pratiques fortement émettrices n’est pas seulement une stratégie pour relever les défis d’aujourd’hui, mais aussi un moyen de renforcer la résilience à long terme.

Consultations sur le Mécanisme de Transition Juste à Bonn
La conférence climatique de ce mois à Bonn marquera une étape importante sur le chemin menant à la COP31, en contribuant à façonner l’agenda des négociations à Antalya six mois plus tard.
Les pays travailleront à l’élaboration du Mécanisme de Transition Juste, cadre financier conçu pour garantir que la transition vers une économie neutre sur le plan climatique soit équitable. Il s’agit d’une opportunité cruciale pour placer les systèmes agro-alimentaires et les communautés rurales au cœur de cet agenda, et c’est également un moment pour renforcer l’esprit de la COP 31: du dialogue au consensus et à l’action.
Pour accélérer l’action climatique lors de la « COP du Futur », nous devons apprendre du passé et nous améliorer grâce à un dialogue renforcé, à la construction d’un consensus et à des résultats concrets et orientés vers l’action.
Les pays devraient reconnaître qu’une transition juste des zones rurales exige une action non seulement des acteurs du système agro-alimentaire, mais aussi de l’ensemble des secteurs et industries concernés. L’élan se renforce, et sous les priorités de la présidence turque de la COP31, cet agenda est appelé à occuper une place centrale. Cet élan prépare une COP31 déterminante pour l’équité climatique et l’action climatique inclusive.