Vishal Prasad est directeur de Pacific Islands Students Fighting Climate Change.
Lorsque la Cour internationale de justice (CIJ) a rendu son avis consultatif sur le changement climatique l’année dernière, cela a marqué un tournant non seulement pour le Pacifique, mais aussi pour le droit climatique international.
La cour a été sans équivoque: les États ont des obligations juridiques de protéger l’environnement contre les émissions de gaz à effet de serre, et ils doivent répondre de leurs échecs. Pour ceux d’entre nous qui avons porté cette campagne d’une salle de classe au Vanuatu jusqu’en Europe et à New York, ce fut un moment de validation profonde.
La plus haute cour du monde ouvre la voie à une compensation des pays responsables de la crise climatique
Mais nous avons toujours dit que l’avis consultatif était un outil, non une fin en soi. La CIJ a affirmé ce que nombre de personnes au sein du Pacifique répètent depuis un certain temps. Désormais, nous disposons d’un modèle juridique; nous devons porter cet élan des salles d’audience vers les salles de négociation.
Vishal Prasad est directeur de Pacific Islands Students Fighting Climate Change.
Lorsque la Cour internationale de justice (CIJ) a rendu son avis consultatif sur le changement climatique l’année dernière, cela a marqué un tournant non seulement pour le Pacifique, mais aussi pour le droit climatique international.
La cour a été sans équivoque: les États ont des obligations juridiques de protéger l’environnement contre les émissions de gaz à effet de serre, et ils doivent répondre de leurs échecs. Pour ceux d’entre nous qui avons porté cette campagne d’une salle de classe au Vanuatu jusqu’en Europe et à New York, ce fut un moment de validation profonde.
La plus haute cour du monde ouvre la voie à une compensation des pays responsables de la crise climatique
Mais nous avons toujours dit que l’avis consultatif était un outil, non une fin en soi. La CIJ a affirmé ce que nombre de personnes au sein du Pacifique répètent depuis un certain temps. Désormais, nous disposons d’un modèle juridique; nous devons porter cet élan des salles d’audience vers les salles de négociation.
Potentiel pour influencer la politique climatique
L’avis consultatif a déjà commencé à remodeler le paysage climatique. Lors de la COP30 à Belém, nous avons vu des pays qui avaient soutenu la campagne citer l’avis dans leurs interventions, tandis que ceux qui bloquaient les progrès se montraient clairement préoccupés par ses implications. Son potentiel pour influencer la politique et les mesures climatiques est considérable.
Cette année, à Bonn, nous arrivons non seulement avec l’avis consultatif, mais aussi avec une résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies l’approuvant. Malgré une campagne farouche menée par les suspects habituels, seuls huit pays, dont les États-Unis, l’Arabie saoudite, la Russie et l’Iran, se sont opposés. C’est une victoire du multilatéralisme à un moment où ce dernier est mis à rude épreuve.
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Mais nous savons que les avis consultatifs à eux seuls ne suffisent pas. La clarté juridique ne se traduit pas automatiquement par une réduction des émissions, des flux financiers accrus ou des objectifs climatiques nationaux plus forts. Cette traduction nécessite une volonté politique dans les salles de négociation, ici à Bonn et jusqu’en Fidji, puis enfin à Antalya en novembre.
Ce dont le Pacifique a besoin pour cette année de négociations
Le Pacifique a engagé un capital politique important dans la candidature conjointe États‑Unis–Pacifique pour la COP31. Il est juste de dire que le compromis consistant à ce que l’Australie assure le rôle de président des négociations pendant que la COP est organisée et présidée par la Türkiye n’est pas ce que nous avions imaginé.
Mais nous, dans le Pacifique, sommes habitués à chercher des lueurs d’espoir. L’Australie et la Türkiye ont reconnu le rôle important que le Pacifique occupera à la COP31, à travers la nomination de champions pacifiques et l’organisation d’une pré-COP pacifique aux Fidji avec un sommet des dirigeants à Tuvalu. Ce sont de véritables opportunités pour amener le monde sur nos côtes et faire en sorte que les questions pacifiques soient au premier plan au cours des négociations finales.
Mais nous ne sommes pas naïfs. Les postes d’envoyés et les lieux de réunion ne constituent que l’architecture de la bonne volonté. Il faut que cette bonne volonté se transforme en résultats concrets de négociations et en financement.
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Le Pacifique a aidé à placer le ministre australien du Climat, Chris Bowen, dans ce poste important, nous nous attendons donc à ce que l’Australie plaide non seulement en notre nom, mais qu’elle fasse aussi miroir à elle‑même en tant que l’un des plus grands exportateurs mondiaux de combustibles fossiles.
À Bonn, puis Antalya, nous avons besoin d’une ambition d’atténuation qui reflète la clarté de la CIJ sur les obligations des États et sur la science. Cela signifie agir sur les combustibles fossiles.
Nous avons besoin d’un financement climatique nouveau, additionnel et accessible aux pays qui en ont le plus besoin. Dans le Pacifique, nous avons déjà démontré à quoi cela ressemble.
Le Pacific Resilience Facility est le premier dispositif de financement climatique conçu, gouverné et géré par des peuples du Pacifique, construit spécifiquement pour atteindre les initiatives locales et communautaires que les fonds plus importants négligent habituellement. Nous avons besoin que la communauté internationale réponde à cette ambition par des contributions qui reflètent la justice climatique, en commençant par des engagements visant à atteindre l’objectif de capitalisation de 500 millions de dollars.
Et nous devons traiter les océans — qui constituent le sang vital du Pacifique et une partie cruciale du système climatique mondial — comme un élément central des négociations plutôt que comme un simple volet thématique.
Crise énergétique alimentée par les combustibles fossiles importés
Les jours où l’on parlait du climat et des combustibles fossiles uniquement comme d’une question morale sont révolus. Les ministres du Pacifique ont récemment adopté l’Appel Tassiriki en faveur d’un Pacifique sans combustibles fossiles, dans le cadre d’une crise énergétique qui s’aggrave et qui a déclenché des états d’urgence dans plusieurs nations du Pacifique. Notre dépendance vis‑à‑vis des combustibles fossiles importés est à la fois une vulnérabilité climatique et économique.
Le conflit au Moyen-Orient pousse notre région vers une crise énergétique. Nous dépendons des combustibles fossiles importés pour 80 % de nos besoins énergétiques. Mon pays natal, les Fidji, pourrait voir sa facture de carburant presque tripler par rapport à notre budget annuel de soins de santé.
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Nous avons besoin d’un soutien technique et financier pour passer à une énergie 100 % renouvelable. Non seulement parce que c’est ce que le monde nous doit après des décennies de pollution au carbone qui continuent de rendre certaines parties de notre foyer inhabitables et qui dégradent les écosystèmes et la culture. Mais aussi parce que nous devons faire partie de cette transition. Les combustibles fossiles se sont révélés être la source majeure de dommages à notre climat et, par leur volatilité, une menace pour notre souveraineté.
Et après ?
Les exigences n’ont pas changé. Davantage d’action sur l’atténuation, l’adaptation, le financement, les pertes et les dommages: voilà ce dont le Pacifique a besoin de la part de la communauté internationale. Ce qui a changé, c’est la base juridique qui les soutient.
La CIJ a affirmé que ce ne sont pas des demandes; ce sont des obligations. La tâche de cette année est de faire en sorte que les négociations reflètent cela.
Françoise Perrin
Rédactrice française engagée dans l’information citoyenne, je m’intéresse aux liens entre écologie, démocratie et solidarité. À travers mes articles, je cherche à rendre les grands enjeux de société plus clairs, plus accessibles et plus proches du terrain, en donnant une place aux initiatives, aux débats et aux voix qui participent à transformer notre époque.