Dans l’édition de cette semaine
- Comment une pseudo‑secte religieuse de fin du monde s’est infiltrée dans l’ONU, le Parlement européen et le Capitole américain pour blanchir des désinformations climatiques dangereuses
- Les partisans d’Andy Burnham passent sous silence la réalité du modèle économique du « Burnhamisme »
- Pourquoi le plan du gouvernement britannique pour éloigner les adolescents des réseaux sociaux échouera sans investissements ailleurs
- Burnham semble promis à devenir le prochain Premier ministre. Les dépenses de défense pourraient être son premier obstacle – et sa réponse définira son premiership
- Des défenseurs avertissent d’une répression draconienne des dissidences après qu’un juge britannique a établi un « lien avec le terrorisme » pour les manifestants de Palestine Action
Vous vous êtes-vous déjà demandé si tout n’avait plus de sens ? Que chaque étude évaluée par des pairs est remise en cause par un tout autre ensemble de pairs ? Il existe un mot pour cela : l’« effondrement épistémique », ou lorsque la société, collectivement, perd sa capacité à distinguer le vrai du faux.
Cela a de vraies conséquences, comme le révèle l’article de couverture de cette semaine.
AllatRa, selon les contributions de Julián Reingold et Ignacio Conese, est une secte apocalyptique que les autorités ukrainiennes et tchèques examinent pour son soutien supposé à la Russie, et que le Kremlin a proscrite pour extrémisme. Ils ont rencontré le Pape, assisté à des conférences climatiques de l’ONU, au Parlement européen et au Congrès des États‑Unis — tout cela sous l’apparence de lutter contre la pollution océanique due aux nano‑plastiques, tout en niant que le changement climatique constitue une crise provoquée par l’homme. Alors que Climate Week débute à Londres ce samedi, lisez notre récit pour comprendre comment des organisations comme AllatRa créent suffisamment de confusion pour compromettre des actions urgentes visant à s’attaquer à la crise climatique.
Cette semaine dans l’histoire
La bataille d’Orgreave • 18 juin 1984
Lors de la grève des mineurs 1984‑1985, des policiers à cheval ont chargé les piquets près de l’usine de coke d’Orgreave, près de Sheffield, le 18 juin 1984, dans des scènes de violence extrême. De nombreux mineurs ont ensuite été poursuivis pour émeute; toutes les charges ont été retirées par la suite. La Police du South Yorkshire — la même force responsable du recouvrement des faits dans le dossier Hillsborough — n’a pas encore été tenue pour responsable.
Une commission d’enquête publique a été lancée en mars dernier. Elle souhaite encore entendre toute personne ou organisation ayant été directement ou indirectement impliquée dans les événements qui se sont déroulés à Orgreave, ou dans leurs suites.
Notre pièce d’archive de cette semaine est un texte émouvant et lucide rédigé durant les grèves du secteur public de 2011, sur ce que signifie faire grève pour la première fois et sur la manière dont la grève des mineurs a été effacée de la mémoire collective nationale.
Ce que nous lisons
Pas de seconde chance, Morgan Jones
D’une certaine façon étrange, lire un livre sur la campagne pour un deuxième référendum sur le Brexit — qui s’est réellement achevé il y a un peu plus de six ans — ressemble à lire une missive venu du passé lointain ou de l’espace extra‑terrestre : le monde a tellement changé depuis l’époque des votes indicatifs, des discussions sans fin sur le « backstop » et de « l’ordre de finaliser le Brexit ». Et pourtant, les affrontements autour du Brexit ont façonné notre réalité politique actuelle de manière si profonde que nous n’y prêtons plus guère attention, ni ne l’abordons vraiment. Le livre de Jones se concentre sur l’échec de parvenir à un deuxième référendum, et ce faisant il offre un éclairage fascinant sur la politique de classe britannique, le tribalisme, la manière (ou non) de mener une campagne politique, les réseaux sociaux et la célébrité, la façon dont la campagne influence la politique d’aujourd’hui, et bien d’autres choses encore. En plus de cela, il est vraiment drôle, ce qui n’est pas ce à quoi on s’attend habituellement lorsqu’on lit un livre sur le Brexit !
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