Avons-nous l’appétit ? – La peur de Shell face aux coûts de nettoyage du delta du Niger révélée

30 juillet 2026

Des documents internes nouvellement publiés par Shell suggèrent qu’un désir d’éviter l’engagement des coûts liés à la fermeture de ses oléoducs et au nettoyage des déversements qui en découleraient faisait partie de la motivation du géant de l’énergie pour vendre ses actifs pétroliers terrestres dans le Delta du Niger.

L’entreprise a été accusée par des militants d’avoir « coupé et fui » en vendant son infrastructure pétrolière controversée à des sociétés africaines sans les ressources pour traiter la pollution ou démanteler les oléoducs, laissant la région du sud du Nigeria riche en pétrole dans une situation pire.

Climate Home News avait déjà révélé que les torchères de gaz extrêmement polluants dans le Delta du Niger avaient connu une flambée depuis la vente, alors que Shell évite la responsabilité et continue de tirer profit des actifs pétroliers qu’elle a vendus.

Les documents — cités dans des procédures judiciaires au Royaume-Uni et présentés dans un nouveau rapport d’Amnesty International publié mercredi — montrent que, en juin 2013, une présentation de Shell à un forum sur le Nigeria envisageait des options pour « gérer les éventuelles responsabilités liées aux déversements pétroliers passés de [Shell] ».

La présentation identifiait 375 kilomètres carrés de forêts de mangroves — une superficie équivalant à celle d’une grande ville — qui avaient été affectées par des déversements de pétrole et posait la question « avons-nous l’appétit pour nous attaquer à ce problème sans fin ? »

Françoise Perrin

Rédactrice française engagée dans l’information citoyenne, je m’intéresse aux liens entre écologie, démocratie et solidarité. À travers mes articles, je cherche à rendre les grands enjeux de société plus clairs, plus accessibles et plus proches du terrain, en donnant une place aux initiatives, aux débats et aux voix qui participent à transformer notre époque.