La chaleur extrême coûte 2 % du PIB aux travailleurs les plus pauvres de l’Inde, selon une enquête

21 juillet 2026

Les travailleurs indiens à faible revenu, dont beaucoup sont des migrants venus des zones rurales touchées par le changement climatique, paient le prix d’une chaleur extrême qui se dégrade à travers des jours de travail perdus et des complications de santé, avec un coût équivalant à 2% du PIB national par an, selon une nouvelle étude.

Le International Institute for Environment and Development (IIED), un think-tank basé à Londres, a collaboré avec des organisations locales pour interroger environ 540 ménages d’ouvriers informels dans trois villes indiennes : Ajmer, Delhi et Agra. La plupart avaient quitté des zones rurales pour trouver un emploi dans des secteurs tels que la construction, la fabrication de briques, le textile et l’emballage alimentaire.

L’enquête a montré qu’ils luttaient pendant de longues journées de travail avec peu d’accès à l’ombre, au refroidissement, au repos ou à l’eau, et peu de toilettes pour les femmes. Et même lorsqu’ils rentrent chez eux, beaucoup vivent dans des abris de fortune ou des chambres exiguës sans air, avec à peine un seul ventilateur, offrant peu de répit.

Les travailleurs en extérieur perdent environ 24 jours de travail par an en raison de la chaleur, ce qui représente près d’un dixième de leurs revenus annuels, tandis que les travailleurs en intérieur sacrifient environ 15 jours. En plus de la perte de revenus, ils subissent aussi les coûts de problèmes de santé comme l’épuisement dû à la chaleur, le stress psychologique et des dommages rénaux provoqués par une déshydratation répétée.

Si les résultats de l’enquête étaient extrapolés à l’échelle nationale, les chercheurs du IIED estiment que la chute de productivité et les effets de la maladie rénale s’additionnent pour atteindre des pertes de salaires de 78 milliards de dollars chaque année.

Françoise Perrin

Rédactrice française engagée dans l’information citoyenne, je m’intéresse aux liens entre écologie, démocratie et solidarité. À travers mes articles, je cherche à rendre les grands enjeux de société plus clairs, plus accessibles et plus proches du terrain, en donnant une place aux initiatives, aux débats et aux voix qui participent à transformer notre époque.