La chaleur extrême réécrit la sécurité alimentaire. Les meilleures solutions sont déjà à portée de main.

30 mai 2026

Kaveh Zahedi est le Directeur général-adjoint de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et directeur du Bureau des Changements climatiques, de la Biodiversité et de l’Environnement de la FAO. Ko Barrett est le Secrétaire général adjoint de l’Organisation météorologique mondiale (WMO).

Chaque culture, chaque animal et chaque poisson possède une limite thermique, le point où l’augmentation de la chaleur cesse d’être un temps normal et commence à causer des dommages. Dans les systèmes alimentaires, ce seuil est atteint plus tôt qu’on ne le pense.

Pour les espèces agricoles clés, la zone de danger se situe souvent entre 25 et 35°C au moment où cela compte le plus, comme lors de la floraison et de la reproduction. Alors que le changement climatique fait entrer davantage de jours dans les 40°C moyens dans les grandes régions céréalières, ces limites sont déjà franchies. Le résultat est une baisse des rendements, un bétail plus faible, des pêcheries sous tension, un risque d’incendie accru et des travailleurs agricoles — pilier du système — contraints à travailler dans des conditions dangereuses.

Un nouveau rapport conjoint FAO-WMO, publié le 22 avril, montre que la chaleur extrême réduit déjà la production et expose les travailleurs agricoles à des conditions dangereuses. Une analyse a révélé que la mortalité des bovins de boucherie atteignait jusqu’à 24 % lors de certaines vagues de chaleur documentées. Les vagues de chaleur marines ont été associées à une perte estimée de 6,6 milliards de dollars dans la production des pêcheries. Et les perspectives s’aggravent à mesure que les températures augmentent. Pour chaque 1°C d’augmentation, les rendements du maïs et du blé devraient diminuer de 4 à 10 %.

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Françoise Perrin

Rédactrice française engagée dans l’information citoyenne, je m’intéresse aux liens entre écologie, démocratie et solidarité. À travers mes articles, je cherche à rendre les grands enjeux de société plus clairs, plus accessibles et plus proches du terrain, en donnant une place aux initiatives, aux débats et aux voix qui participent à transformer notre époque.