L’Afrique doit dépasser les interdictions d’exportation pour exploiter les minéraux critiques, selon les experts

29 mai 2026

Des restrictions sur les exportations de minerais bruts par plus d’une douzaine de pays africains risquent fort de ne pas déclencher une renaissance des filières de traitement locales, à moins qu’elles ne soient accompagnées d’investissements importants dans les infrastructures énergétiques, de partenariats avec le secteur privé et d’une coopération régionale, estiment des analystes miniers.

Le mois dernier, le Zimbabwe est devenu le dernier pays africain à annoncer de nouvelles restrictions, interdisant l’exportation de tous les minerais bruts et des concentrés de lithium. À ce jour, au moins 13 pays africains ont instauré des restrictions à l’exportation depuis 2023 alors qu’ils cherchent à ajouter de la valeur à leurs exportations et à créer des emplois locaux en transformant et raffinant les minéraux sur place.

Le Zimbabwe, premier producteur africain de lithium, utilisé pour fabriquer des batteries destinées aux véhicules électriques (VE) et au stockage d’énergie renouvelable, souhaite que ses ressources en ce métal argenté soient transformées en composés de grade supérieur, tels que le sulfate de lithium, un produit intermédiaire qui peut être raffiné en matériau utilisable pour les batteries, plutôt que d’être exportées sous forme de concentré brut pour être raffinées ailleurs.

Les responsables du gouvernement affirment que la valeur ajoutée locale des ressources minérales est un moyen de stimuler la croissance économique et de financer le développement social. « Le gouvernement demeure engagé à assurer la transparence, l’ajout de valeur sur le territoire et la bénéficification, la conformité et la reddition de comptes dans l’exportation des ressources minérales du Zimbabwe », a déclaré Polite Kambamura, le ministre des Mines et du Développement minier.

Bien menée, une restriction sur les livraisons de matières premières peut favoriser le développement, estime Suzie Shefeni, chercheuse en politique publique basée en Namibie.

Françoise Perrin

Rédactrice française engagée dans l’information citoyenne, je m’intéresse aux liens entre écologie, démocratie et solidarité. À travers mes articles, je cherche à rendre les grands enjeux de société plus clairs, plus accessibles et plus proches du terrain, en donnant une place aux initiatives, aux débats et aux voix qui participent à transformer notre époque.