Les principaux émetteurs connaissaient les risques climatiques des décennies plus tôt que prévu

15 juillet 2026

Lindsay Fenlock est une chercheuse principale au Climate and Energy Program du Center for International Environmental Law (CIEL). Nikki Reisch est une avocate spécialisée en droits humains et militante pour la justice sociale, qui dirige le Climate & Energy Program chez CIEL.

Beaucoup a été écrit sur le moment où les entreprises de combustibles fossiles ont su que leurs produits nuisaient au climat, à la santé publique et à l’environnement. On prête toutefois moins attention à jusqu’où les gouvernements avaient eux aussi connaissance, et à ce qu’ils ont fait ou omis de faire avec cette connaissance. Cette information n’est pas seulement une question de mémoire historique — elle engage aussi une responsabilité juridique.

Il y a un an, à ce même mois, la plus haute cour du monde a affirmé que les pays sont tenus, depuis qu’ils ont connaissance des risques prévisibles qu’ils posent, de freiner le changement climatique et d’y remédier. Cette opinion consultative historique a ouvert la porte à la tenue des États responsables non seulement pour leur inaction face au changement climatique, mais aussi pour l’avoir aggravé en perpétuant sa cause principale : la production et l’utilisation des combustibles fossiles.

Bien que la décision précise le contenu des devoirs climatiques en droit international, elle demeure muette sur le moment exact où ces devoirs s’appliquaient pour la première fois à des pays spécifiques, ni sur la durée pendant laquelle ces pays les ont enfreints. Plus les gouvernements antérieurs savaient quels étaient les moteurs et les dangers du changement climatique, plus longtemps ils ont été obligés de le prévenir, et plus grande serait leur responsabilité potentielle pour les dommages qui en découlent.

Une fois informés des risques que faisaient courir les combustibles fossiles au climat, les États avaient le devoir de tout faire pour empêcher que ces risques ne se matérialisent — et, au minimum, de s’abstenir de les aggraver. Or, comme le montrent les tendances en matière de dépendance aux combustibles fossiles et de destruction climatique, ils ne l’ont pas fait.

Françoise Perrin

Rédactrice française engagée dans l’information citoyenne, je m’intéresse aux liens entre écologie, démocratie et solidarité. À travers mes articles, je cherche à rendre les grands enjeux de société plus clairs, plus accessibles et plus proches du terrain, en donnant une place aux initiatives, aux débats et aux voix qui participent à transformer notre époque.