Un fort El Niño entraînera davantage de catastrophes climatiques aux Philippines
14 juillet 2026
Suresanathan Murugesu est le directeur pays d’Action Against Hunger aux Philippines
Les Philippines sont prises dans un piège climatique extrême. Ici, les prévisions d’un El Niño fort dans les mois à venir n’indiquent pas seulement une période de sécheresse — elles signalent aussi des pluies torrentielles et des inondations.
Cela ne pourrait pas tomber à un pire moment, menaçant des communautés qui peinent encore à se remettre des typhons précédents, comme le Typhon Tino de l’année dernière, ainsi que de deux importants tremblements de terre — à Cebu en septembre 2025 et le séisme de magnitude 7,8 sur Mindanao le mois dernier.
Les prévisions évoquent l’arrivée de l’un des El Niño les plus intenses de ces dernières années, cette année et en 2027, l’ONU avertissant qu’il pourrait être le plus fort depuis des décennies à l’échelle mondiale.
Le pic de l’El Niño est attendu vers la fin de l’année, mais ce phénomène météorologique est déjà estimé avoir provoqué des pertes agricoles avoisinant les 30 millions d’euros (25,9 millions de livres), susceptibles d’affecter les moyens de subsistance de 4 millions d’agriculteurs.
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Suresanathan Murugesu est le directeur pays d’Action Against Hunger aux Philippines
Les Philippines sont prises dans un piège climatique extrême. Ici, les prévisions d’un fort El Niño pour les mois à venir n’annoncent pas seulement une période de sécheresse — elles prévoient aussi des pluies torrentielles et des inondations.
Cela ne pouvait pas arriver à un pire moment, menaçant des communautés qui luttent encore pour se remettre des typhons antérieurs, comme le Typhon Tino de l’année dernière, ainsi que deux forts tremblements de terre — à Cebu en septembre 2025 et le séisme de magnitude 7,8 sur Mindanao le mois dernier.
Les prévisions laissent présager l’arrivée de l’un des El Niño les plus intenses de l’histoire cette année et en 2027, l’ONU avertissant qu’il pourrait être le plus fort depuis des décennies dans le monde entier.
Le pic de l’El Niño est attendu vers la fin de l’année, mais le phénomène météorologique est déjà estimé avoir provoqué des pertes agricoles s’élevant à près de 30 millions d’euros (£25,9 millions), susceptibles d’affecter les moyens de subsistance de 4 millions d’agriculteurs.
Sur le front climatique
Pour beaucoup, El Niño n’est qu’un chiffre dans un rapport ou un titre éloigné, mais pour ceux d’entre nous qui vivent et travaillent sur le terrain, c’est une réalité qui frappe déjà les familles les plus vulnérables.
Quand je voyage dans les communautés de la Région autonome Bangsamoro — au sud — ou que je parle avec les familles de l’île de Siargao ou de la région de Zamboanga, je ne vois pas de données ni de graphiques.
Je vois un père regardant son champ de riz fissuré, se demandant comment il va rembourser les dettes liées à une récolte déjà perdue avant même d’avoir commencé. Je vois une mère marchant sous un soleil implacable parce que le puits de son village s’est tari, portant l’eau qui soutient la santé de ses enfants et de toute sa communauté.
Et ce que nous voyons aujourd’hui — 26 provinces confrontées à la sécheresse et des pertes agricoles évaluées en millions de dollars — n’en est que le début.
Le fonds de pertes et dommages retarde les premières approbations de projets alors que les besoins dépassent largement les ressources
Beaucoup de familles philippines tentent encore de se reconstruire et de se remettre après les typhons de l’année dernière et les deux tremblements de terre. À Mindanao, où le récent tremblement de terre de magnitude 7,8 a déplacé plus de 90 000 personnes et détruit plus de 19 000 maisons, l’incertitude demeure quant au moment où les gens pourront pleinement se rétablir et rentrer chez eux.
Aujourd’hui, elles essaient de protéger leurs maigres possessions et, s’ils ont de la chance, de préserver leurs maisons des inondations; demain, elles devront survivre à la sécheresse et à ses répercussions.
Les effets de l’El Niño menacent d’aggraver leurs difficultés.
Lutte pour les besoins fondamentaux
De nombreuses familles philippines à faible revenu font déjà face à des défis importants pour satisfaire leurs besoins essentiels.
Lors de nos visites quotidiennes, nous constatons que la vie devient de plus en plus difficile pour des millions de personnes. La hausse des coûts du carburant et du transport fait grimper le prix des denrées de base, les rendant inabordables pour beaucoup. Parallèlement, les échecs de récolte et les pertes de revenus privent les ménages de leurs moyens de subsistance, tandis que les catastrophes aggravent la souffrance.
Un agriculteur ramasse du riz le long du bord d’une route par une chaude journée à Candaba, Pampanga, Philippines, le 30 avril 2024. REUTERS/Eloisa Lopez
Françoise Perrin
Rédactrice française engagée dans l’information citoyenne, je m’intéresse aux liens entre écologie, démocratie et solidarité. À travers mes articles, je cherche à rendre les grands enjeux de société plus clairs, plus accessibles et plus proches du terrain, en donnant une place aux initiatives, aux débats et aux voix qui participent à transformer notre époque.