Une feuille de route mondiale collective pour accélérer la transition énergétique du Cambodge
20 août 2026
Phalkun Out est responsable de la politique énergétique et des relations avec le gouvernement au sein d’EnergyLab Asia.
Le Cambodge a fait des avancées remarquables dans la transition d’un charbon polluant et d’une électricité importée vers une énergie renouvelable locale qui représente aujourd’hui près de la moitié du mix électrique. Le royaume vise à obtenir 70 % de sa capacité électrique totale à partir des renouvelables d’ici 2030. Cet objectif est envisageable mais nécessite un soutien et une coopération à l’échelle mondiale.
La dynamique récente en faveur de la mise en place d’un processus formel pour aider les pays à sortir des combustibles fossiles (TAFF) est très encourageante. Le processus de feuille de route porté par la présidence brésilienne de la COP30 et lors de la conférence de Santa Marta en Colombie montre une réelle appétence des pays à investir dans une transition juste et ordonnée.
La crise énergétique actuelle rappelle cruellement à quel point dépendre des combustibles fossiles importés, comme le pétrole et le gaz, peut mettre en péril notre compétitivité économique et notre sécurité énergétique. Les familles, en particulier les ménages les plus pauvres, subissent des répercussions dévastatrices alors qu’elles luttent pour payer les transports, la nourriture et l’électricité.
Même si le Cambodge a réussi à se protéger des pires effets, grâce à ses investissements dans les énergies renouvelables, ce moment reste un signal d’alarme pour toute l’Asie du Sud-Est, qui a subi deux chocs pétroliers dévastateurs en une décennie.
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Phalkun Out est responsable de la politique énergétique et des relations avec le gouvernement au sein d’EnergyLab Asia.
Le Cambodge a fait des avancées remarquables dans la transition d’un charbon polluant et d’une électricité importée vers une énergie renouvelable locale qui représente aujourd’hui près de la moitié du mix électrique. Le royaume vise à obtenir 70 % de sa capacité électrique totale à partir des renouvelables d’ici 2030. Cet objectif est envisageable mais nécessite un soutien et une coopération à l’échelle mondiale.
La dynamique récente en faveur de la mise en place d’un processus formel pour aider les pays à sortir des combustibles fossiles (TAFF) est très encourageante. Le processus de feuille de route porté par la présidence brésilienne de la COP30 et lors de la conférence de Santa Marta en Colombie montre une réelle appétence des pays à investir dans une transition juste et ordonnée.
La crise énergétique actuelle rappelle cruellement à quel point dépendre des combustibles fossiles importés, comme le pétrole et le gaz, peut mettre en péril notre compétitivité économique et notre sécurité énergétique. Les familles, en particulier les ménages les plus pauvres, subissent des répercussions dévastatrices alors qu’elles luttent pour payer les transports, la nourriture et l’électricité.
Même si le Cambodge a réussi à se protéger des pires effets, grâce à ses investissements dans les énergies renouvelables, ce moment reste un signal d’alarme pour toute l’Asie du Sud-Est, qui a subi deux chocs pétroliers dévastateurs en une décennie.
Étant donné les temps turbulents à venir, la région ne peut se permettre de revenir au statu quo d’une forte dépendance vis-à-vis des approvisionnements en combustibles étrangers. En tant que leader des énergies propres, le Cambodge peut jouer un rôle clé dans la mise en valeur de l’importance de la transition énergétique propre au niveau régional.
Le Cambodge ne peut pas y arriver seul
Un nouveau cadre international de gouvernance et des plans de transition coordonnés sont essentiels pour que le Cambodge et le reste de l’Asie du Sud-Est puissent parvenir à une transition juste et ordonnée. Il existe des obstacles structurels qui doivent être surmontés rapidement.
Cependant, pour atteindre l’objectif de 70 % d’énergies renouvelables, le gouvernement prévoit de surmonter ces obstacles structurels — modernisation des réseaux, gestion d’un espace budgétaire limité et coût initial élevé des énergies renouvelables — qui exigent bien plus qu’un effort local.
Des prêts concessionnels et des subventions similaires au crédit de 110 millions de dollars alloué par la Banque mondiale au Cambodge pour le Sustainable Energy Transition Project, approuvé en juin 2026, sont cruciaux pour aider à construire des réseaux intelligents, des lignes de transmission à haute tension et des systèmes de stockage d’énergie par batteries à grande échelle, nécessaires pour tirer le meilleur parti des nouvelles énergies renouvelables mises en service.
Des initiatives mondiales comme les plans de la présidence Türkiye de la COP31 pour promouvoir l’électrification et un objectif mondial visant à ce que l’électricité fournisse 35 % de la consommation finale d’énergie d’ici 2035 sont louables. Mais elles doivent encore être comprises en termes des opportunités et du soutien qu’elles pourraient offrir à des pays comme le Cambodge.
Vue par drone des stations d’alimentation en eau et d’irrigation alimentées à l’énergie solaire mises en œuvre par SOGE dans la commune de Batheay, district de Batheay, province de Kampong Cham, Cambodge (Photo : EnergyLab Asia)
Vue par drone des stations d’alimentation en eau et d’irrigation alimentées à l’énergie solaire mises en œuvre par SOGE dans la commune de Batheay, district de Batheay, province de Kampong Cham, Cambodge (Photo : EnergyLab Asia)
Le Cambodge a connu des progrès en matière d’électrification, avec une augmentation de 127 % des immatriculations de véhicules électriques enregistrées en 2025 par rapport à l’année précédente. Et pour soutenir l’élan des énergies renouvelables, le gouvernement a supprimé les droits et taxes d’importation sur les technologies solaires et de stockage d’énergie en avril, ce qui, selon les analystes, pourrait faire baisser les coûts totaux des projets renouvelables de l’ordre de 7 % à 30 %.
Le think tank énergétique Ember a également relevé une tendance en Asie où les pays ayant développé les compétences nécessaires à la fabrication d’équipements électroniques ont ensuite progressé vers les technologies électriques, la fabrication de panneaux solaires, de pompes à chaleur et de véhicules électriques. Cela suggère que le Cambodge pourrait suivre cette voie avec le bon soutien financier et politique gouvernemental.
Cependant, pour que ces tendances se poursuivent et s’accélèrent même, un soutien financier et technique international continu en faveur de pays comme le Cambodge demeure indispensable.
La COP31 peut renforcer la coopération et le soutien
Lors de la COP34 en novembre dernier, le Brésil a accepté d’élaborer une feuille de route mondiale pour la transition hors des combustibles fossiles, et plusieurs pays ont clairement indiqué que cela constituait une priorité pour eux.
La présidence brésilienne de la COP30 a dévoilé sa feuille de route lors des discussions climatiques de Bonn en juin, la présentant comme un outil de mise en œuvre flexible, adaptable aux circonstances nationales. Ce guide peut être utilisé par des pays comme le Cambodge pour structurer leur transition et surmonter les obstacles techniques.
Les réseaux fragiles de l’Asie du Sud-Est menacent des milliards d’investissements dans l’énergie propre
Les présidences turque et australienne de la COP31 cette année ont l’opportunité de transformer la feuille de route et d’empêcher que ce sujet soit mis de côté lors du sommet d’Antalya. Le monde a besoin d’un processus coordonné qui puisse assurer une planification délibérée, le transfert de technologies et des investissements publics suffisants.
Pour des régions comme l’Asie du Sud-Est et l’Afrique, la transition n’est pas seulement une obligation climatique; c’est une nécessité économique qui exige que le monde cesse de parler et commence à construire.
Françoise Perrin
Rédactrice française engagée dans l’information citoyenne, je m’intéresse aux liens entre écologie, démocratie et solidarité. À travers mes articles, je cherche à rendre les grands enjeux de société plus clairs, plus accessibles et plus proches du terrain, en donnant une place aux initiatives, aux débats et aux voix qui participent à transformer notre époque.